Maison PRODOMO, de Fabien ROBERT
Je suis contente de voir qu'enfin un élu comprend les vrais problèmes, et leur trouve une vraie solution. En effet, comment trouver du travail, si on n'a pas la moindre adresse ? si on ne peut pas, le soir, en rentrant du travail, se reposer, se changer, prendre un bain, etc ? Des SDF, j'en connait des masses : hé bien, la plupart sont très sympas, même si ça ne se voit pas au premier abord, et la plupart ont un métier, généralement manuel, dans les mains.
Bien sur, les riverains, les commerçants, ne seront pas d'accord, mais, hélas, dans ce genre de projets, les gens ne sont JAMAIS d'accord, avec ou sans concertation, donc ...
Qu'ils se disent que ça pourrait leur arriver, d'être SDF ! (car ça n'arrive pas qu'aux jeunes, drogués ou non). Ou à leurs enfants ! (et qu'on ne dise pas : "pas de ça chez nous : nous savons éduquer nos enfants, nous les aimons, etc" : la plupart des SDF que je connais viennent de bonnes familles)
Pourquoi je soutiens La Maison PRODOMO
Le 20 mai 2009 – 8:43 -
Dans la vie d’un élu de quartier, il y a des projets sympathiques, ludiques et faciles à mettre œuvre. La population est enthousiaste et l’élu qui soutient le projet se fait au passage un bon coup de pub. Et puis il y a parfois des projets beaucoup plus nécessaires mais difficiles à mettre en œuvre, essentiellement parce qu’ils répondent à l’intérêt général mais ne satisfont pas à la demande immédiate de la population (ce que l’on appellerait, au niveau national, l’opinion public).
Je crois malgré tout que ce projet est l’une des solutions pour résoudre le problème des SDF dans notre quartier.
Je ne néglige pas les oppositions et questions des riverains et des commerçants. Je comprends leurs inquiétudes. Bien sûr le risque existe ! Comme lorsque nous avons implanté différents lieux d’accueil : le Foyer LEYDET à Nansouty, le CEID rue Planterose, la Maison de Marie… A chaque fois, quelques réglages ont été nécessaires mais aujourd’hui la cohabitation se passe bien.
Je crois avoir, sur ce dossier, le devoir de rester optimiste, de tout faire pour expliquer le projet et rassurer la population. Nous n’avons pas le droit de tomber dans le « oui, mais pas à côté de chez moi », cela ne serait pas responsable.
Chaque semaine depuis un an, les riverains et commerçants se plaignent de la présence de ces jeunes avec leurs chiens. On nous reproche, nous élus, de ne rien faire et de laisser ces SDF dans la rue. Lorsqu’enfin un projet émerge pour apporter un début de solution en sortant ces jeunes de la rue, on nous accuse de vouloir attirer encore plus de marginaux… La contradiction est évidente. Il s’agit au contraire d’endiguer ce phénomène en sortant ces jeunes de la rue pour les amener vers une structure de resocialisation dans le quartier où ils déambulent.
Pourquoi dans le quartier ? Parce qu’il faut avoir le courage de traiter le problème là où il se trouve, là où ça fait mal.
Je ne doute pas qu’un tel parti pris m’attire un certain nombre d’inimitiés. Je resterai malgré tout à l’écoute de chacun pour essayer de convaincre le plus grand nombre.
La Maison PRODOMO sera :
- une pension de famille pour des jeunes qui veulent sortir de la rue et de l’errance
- une structure encadrée par une équipe d’éducateurs professionnels du CEID, 365 jours/an et 24h/24
- un programme d’accompagnement personnalisé d’insertion : de 14h à 17h, les jeunes seront en formation ou en activités
- réservée à 14 jeunes seulement dans un premier temps
- un établissement à l’écoute des préoccupations des riverains : l’équipe sera joignable 24h/24 via un n° de portable
- un projet porté par l’Etat et le Conseil général pour lequel la Mairie apporte sa collaboration principalement financière
La Maison PRODOMO ne sera pas :
- un lieu d’hébergement d’urgence ou de distribution de repas
- une halte de jour pour toxicomanes : il en existe déjà une, rue Planterose, qui ne pose aucun problème aux riverains
- une structure où les jeunes seront livrés à eux-mêmes
- un chenil : les chiens, qui sont leurs compagnons de route, resteront avec leurs maîtres et dormiront avec eux
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Aider les jeunes en errance (3) - La Maison PRODOMO dans le détail
Le 20 mai 2009 – 8:42 -
- Quel est le diagnostic ?
Le constat de départ est le suivant : les jeunes (25/35 ans), souvent accompagnés d’un chien, qui vivent dans la rue sont nombreux dans le secteur Sainte-Catherine / Victor Hugo. Cette présence s’explique essentiellement par l’opportunité de pouvoir y récolter quelques pièces en faisant la manche.
Les nuisances occasionnées sont multiples et pénalisantes pour le cadre de vie et l’activité commerçante.
Dès 2005, un travail partenarial (Etat - ville de Bordeaux - Conseil Général) permet la mise en place d’une première réponse. Le CEID (Centre d’Etude et d’Information sur les Drogues) se voit alors confier une mission « Jeunes en errance » afin d’apporter à ces jeunes des solutions de resocialisation durables et de réduire les nuisances occasionnées pour les riverains et commerçants avoisinants.
- Qu’est ce que cette Maison ?
La Maison PRODOMO est un projet de résidence de 25 logements pour des jeunes en errance porté par le Centre d’Etude et d’Information sur les Drogues (CEID).
- Pourquoi cette Maison ?
Le travail mené par le CEID est un parcours en 3 étapes :
- Le travail de rue :
Le CEID suit les déplacements de cette population. Ce travail permet d’identifier tout nouvel arrivant, de pouvoir poser un premier diagnostic et de proposer un référentiel d’adresses utiles (soins, hébergement, hygiène,…). 344 jeunes en errance ont été rencontrés par les éducateurs de rue en 2008.
- Les ateliers « arts de la rue » :
Les arts de la rue (cirque, musique, théâtre) ne sont ici qu’un moyen d’amorcer un déplacement (les ateliers ont lieu dans le quartier Saint-Genès (place Amédée Larrieu) où il est important de noter que la cohabitation avec le voisinage se passe bien) et la construction d’un travail commun.
L’animation est assurée par 6 professionnels et 1 éducateur qui encadrent les ateliers et favorisent pour chaque jeune un projet personnalisé.
En 2008, 67 jeunes ont fait la démarche d’aller vers ces ateliers.
- La maison PRODOMO :
Enfin, en prolongement des actions menées, le projet global PRODOMO vise à ouvrir 25 places d’hébergement adaptées à cette population.
Il s’agit d’un complément indispensable aux deux premières étapes. En effet, lorsqu’un jeune manifeste l’envie de s’en sortir, au « bout du bout », sans cette résidence, aucune solution durable n’est proposée. La rechute est alors probable.
Le dispositif s’appuie sur une démarche graduée en fonction de l’avancée des sujets dans leurs parcours d’autonomisation et de l’acquisition des capacités minimales nécessaires à l’inscription dans un logement durable.
Le bailleur social In’cité a fait l’acquisition pour ce projet d’un immeuble situé 35 rue des Augustins avec deux cours intérieures pour l’accueil des chiens.
- La question de l’accueil des chiens :
La question des chiens est importante. Il ne s’agit pas de réaliser un chenil mais de prendre en compte une réalité. Il y a encore 2 ans, lorsque j’ai commencé à me pencher sur cette question, je ne croyais pas moi-même à l’intégration des chiens dans les lieux de résidence. Pourtant, lors de la campagne municipale de 2008, j’ai été frappé par l’importance de ce détail. Ils ne s’en sépareront jamais et préféreront rester dans la rue car il s’agit souvent de leur seule présence quotidienne. Je ne suis pas dupe et je sais que certains maltraitent leurs chiens. La Maison PRODOMO devra justement permettre un suivi régulier de ces animaux.
- Combien ça coûte ?
Le budget prévisionnel de l’investissement est de 2 074 793 €. Le CEID participerait aussi à la réhabilitation du fait de son agrément pour encadrer des chantiers d’insertion. Il sera envisagé bien entendu d’y intégrer de futurs bénéficiaires de l’hébergement.
- Quand ?
L’ouverture de cette structure serait possible fin 2011 si des crédits nécessaires étaient affectés. Avec le fort soutien du maire de Bordeaux, du Président du Conseil Général et du Président de la CUB au titre de la surcharge foncière, de l’aide de l’Etat sur cette même surcharge foncière et par une subvention PLAI, l’investissement pourrait trouver son équilibre.
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Aider les jeunes en errance (2)
Le 20 mai 2009 – 6:36 - Revue de Presse de la Maison PRODOMO :
TV7 18/05/09 - La Maison Prodomo
France Bleu Gironde 18/05/09 - La Maison Prodomo
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Aider les jeunes en errance
Le 19 mai 2009 – 12:54 -
Article de Sud Ouest - 19 mai 2009
POLÉMIQUE. La ville a décidé d’implanter une résidence d’accueil pour les jeunes SDF et leurs chiens, place du Général Sarrail, à deux pas de la Victoire. Les commerçants toussent.
Ils ont appris la nouvelle par la bande. Du coup, la réalité du projet a pris des allures de mauvaise rumeur. L’implantation d’un centre d’accueil, d’hébergement et de soins pour SDF avec leurs chiens, en lieu et place de l’ancien restaurant Le San Francisco, place du Général-Sarrail. Sur la rue Sainte-Catherine, à deux pas de la Victoire. Les associations de commerçants du quartier ont aussitôt mis la pression à la municipalité de Bordeaux. Courriers, pétitions ont suivi. Hier matin, une délégation rencontrait Fabien Robert, l’adjoint au maire du quartier, dans son bureau.
Pas de concertation. Saïd Ounnoughene, patron de la librairie Le Roi lire, rue Sainte-Catherine, a dégainé le premier. « Les riverains du quartier Sainte-Catherine-Victoire élèvent une légitime protestation suite au projet d’InCité, d’installation d’un centre d’accueil, place Sarrail, ils s’opposent à ce projet élaboré sans concertation et demandent au maire d’intervenir afin qu’une solution adaptée soit trouvée, sans sacrifier les intérêts des administrés. »
De fait, le projet mené par l’organisme paramunicipal InCité n’a fait l’objet d’aucune information auprès du public. Ce que Saïd trouve choquant. « On reproche la politique du fait accompli, dit-il. Où est le credo de Juppé lors des dernières élections ” favoriser la parole citoyenne ” ? Nous réfutons l’implantation de ce projet, ici, pas le projet en tant que tel. Notre souci est d’éviter la stigmatisation, mais nous sommes sensibles à la souffrance des SDF. Ici le quartier est fréquenté par des lycéens, des écoliers, des étudiants… »
« On va sacrifier le quartier » David Soulet, gérant de l’Alligator Café, sur la place ne décolère pas.
« On a mis des années à améliorer ce quartier, à le reprendre en main. Ce projet va tout gangrener. L’entrée de Montaigne est à 10 mètres . On a déjà des soucis quotidiens avec les SDF et leurs chiens. »
Idem pour Yacine Boucharma, coiffeur dans le quartier. « Depuis quatre ans, on maîtrise enfin le problème des SDF, bien que nous ayons perdu beaucoup de clients âgés qui ont peur d’être agressés. Désormais ça va être pire ! »
Fabien Robert ne veut pas lâcher le projet
Tension maximale du côté de la mairie de quartier, hier à midi. Fabien Robert, maire-adjoint, recevait les représentants des associations des quartiers Sainte-Catherine, Victoire et Victor-Hugo, tous vent debout contre l’ouverture d’un centre d’hébergement pour jeunes SDF avec leurs chiens. « Cela ne vient pas de sortir, note l’élu, il s’agit d’un vieux projet, qui date de 2005. Nous cherchions le site idéal. InCité l’a trouvé, mais ce n’est pas un projet Mairie-InCité, les financeurs sont l’État, le Conseil général, la CUB. Le Centre d’étude et d’information sur les drogues (Ceid) assure le contenu. Ce Ceid travaille dans la rue à Bordeaux depuis plusieurs années. En 2008, ils ont rencontré 344 jeunes SDF, ça marche. Les plus à l’écoute sont invités à participer à des arts de la rue, place Amédée-Larrieu, mais derrière il n’y a rien à proposer. Pas de lieu d’hébergement. »
550 m2 dédiés à l’accueil
« Dans cet affolement des riverains et des commerçants, il y a beaucoup d’irrationnel. Il ne s’agit pas d’un centre pour les drogués, ni d’un lieu ouvert. Ceux qui seront hébergés là, seront accompagnés et sélectionnés. La présence des chiens inquiète le voisinage, mais on ne peut pas leur enlever… »
Dans la cour de la résidence, un espace est donc prévu pour accueillir aussi les chiens des SDF. Fabien Robert, s’il admet que l’élaboration du projet aurait mérité plus de transparence et de communication auprès des riverains et des associations de quartier, ne lâche pas. « 550 m2 seront consacrés à l’hébergement et l’accueil. Il y aura à terme 25 chambres, un éducateur sera présent en permanence. L’ouverture devrait avoir lieu fin 2011 pour les 12 premiers résidents, les autres seront accueillis l’année suivante. Ce lieu ne devrait pas être médicalisé. Je comprends les réticences des commerçants, mais nous devons intervenir là où se trouve le public concerné. Les jeunes SDF se posent spontanément à cet endroit de la ville, alors il faut les aider là. Ou bien on laisse ces gens dans la rue, ou bien on traite là où ça fait mal. Ce type d’établissement sera toujours à côté de quelque chose. Le côté, ” oui mais pas chez moi ” ça ne passe pas en politique ! »
14 Commentaires sur “Pourquoi je soutiens La Maison PRODOMO ”
Jean dit :
20th mai, 2009 à 16:48
Les commerçants s’opposant à la réalisation de ce projet risquent bien d’obtenir l’effet contraire de celui qu’ils recherchent : la fuite inéluctable de leur clientèle habituelle.
Je ne vais plus trop dans les bars, ni trainer aux terrasses des cafés*, mais cette forme d’ostracisme m’est un peu horripilante. Je crois même que je me sentirais honteux d’être là, j’aurais l’impression de soutenir leur action. Je crois que les étudiants, les jeunes en général, et même tous les gens de bon sens, n’apprécient pas de telles démarches, tous vont fuir.
Il ne faut pas désemparer, bientôt le quartier sera convaincu de la pertinente de votre action. Presqu’une fierté.
Ne lâchez pas, s’il vous plaît. Il s’agit d’épauler, d’accompagner, de tirer vers le haut ce qui ont décroché, et en aucun cas d’accepter la transgression des régles d’ordre public.
* non par vertu mais par manque de temps.
laurent wanda dit :
20th mai, 2009 à 18:47
Tu as le courage fabien de t’attaquer aux vrais problèmes et de “tenter” une solution qui même si elle n’est pas parfaite a le mérite d’exister.
Je te suis complètement dans cette démarche pro -active, celle qui petit à petit tord le cou progressivement à l’immobilisme et fait jaillir d’autres pistes…
Tu as mon soutien Fabien
Wanda
Yann dit :
20th mai, 2009 à 20:39
Courage !
Un élu doit défendre l’intérêt général et penser aux plus faibles d’entre nous, ceux qui sont “sur le bord du chemin” de notre société de consommation.
C’est ce que vous faites avec Alain Juppé et c’est bien.
Il faut faire cela en concertation avec tout le monde bien sûr mais l’humanisme ne doit pas se résumer à des mots, il doit se traduire en actes.
Alors, dialoguons et avancons pour une société plus juste et plus accueillante, à notre échelle de Bordeaux.
Adrien dit :
21st mai, 2009 à 0:54
Voilà un bel exemple de courage politique !
C’est ce que la population attend : des convictions assumées et mises en application…une nouvelle façon de faire de la politique.
Il est inadmissible de condamner « à vie » cette jeunesse en errance, de ne pas croire à son retour possible au sein de notre Société. Mais pour cela, la Société doit leur offrir une seconde chance (et même pour certain une première chance…).
Cette initiative s’inscrit dans la pérennisation et la stabilité des bénéficiaires, c’est essentiel car la plupart des critiques avancées ne sont valables que pour des foyers de « passage »…
Une Société qui condamnerait une partie de sa jeunesse n’aurait aucun avenir !
Philippe dit :
21st mai, 2009 à 14:30
Au delà de la nécessité pour notre société d’agir de la sorte, à court terme, et d’un point de vue pratique, peut-être faut-il rappeler que ce projet est fondé sur le volontariat et donc sur l’engagement des bénéficiaires de la mesure. De là, on comprend bien que ceux-ci seront soucieux de respecter, voire de faire respecter, le “cahier des charges” qui leur sera soumis. Les nuisances actuelles, et je crois que ceux qui redoutent l’impact négatif du projet le savent bien, pourraient diminuer de façon sensible et le quartier plus serein.
Ce type d’accueil est trop rare encore et la liste d’attente grossira vite, cela impliquera davantage les candidats retenus.
Tout le monde a à y gagner.
Deux choses pour finir : Il faut en finir avec l’idée selon laquelle les jeunes sdf, ou en rupture, seraient heureux de leur situation, et qu’ils auraient choisie celle-ci. C’est faux, ils donnent le change histoire de garder la face, rien d’autre.
Prodomo est une mesure phare visant à répondre de façon durable à l’isolement de ceux qui sont plus ou moins livrés à la rue et qui ont perdu leurs repères pour s’assumer seuls. Un pied à l’étrier, en quelque sorte.
J’ai confiance.
Philippe dit :
21st mai, 2009 à 14:33
Si vous pouvez rajouter : “devenir” in Le quartier “devenir” plus serein.
Alf dit :
21st mai, 2009 à 16:48
On peut éventuellement comprendre les inquiétudes manifestées ici ou là, mais celles-ci demeurent infondées. Prodomo a, entre autres objectifs celui de se fondre dans le paysage. C’est une condition sine qua non de sa réussite, et nul doute que chacun y veillera.
Non, je suis convaincu qu’il ne faut pas être inquiet, au contraire même, le quartier va y gagner.
Jacques Mangon dit :
22nd mai, 2009 à 7:29
Bravo Fabien d’avoir le courage de faire et d’assumer des choses difficiles et de vouloir traiter les problèmes que nos société n’aiment pas voir.
Je ne doute pas que tu sauras parallèlement être à l’écoute des critiques de bonne foi pour amener ce projet à être compris et accepté par le plus grand nombre
Alain dit :
24th mai, 2009 à 17:39
Bravo pour ce courage politique, qui au lieu de faire comme beaucoup, du clientélisme, s’attaque à un vrai problème, dans l’intérêt général et surtout dans l’intérêt des vrais exclus de nos sociétés. Ne cédez pas à la doxa mais suivez votre humanisme !
anne dit :
25th mai, 2009 à 9:17
Alors même que tout le monde s’insurge lorsque les sans abris, population tellement vulnérable, s’exposent sous des tentes dans nos quartiers , comment ne pas adhérer à un vrai projet d’insertion, ciblé, cadré, accompagné et fédérant de multiples partenaires unis par un même objectif. Le projet est ambitieux. Notre devoir est de l’encourager à sa source et de souhaiter , au vu des résultats, qu’il se démultiplie.
Je suis sûre de ton énergie et de ton implication, Fabien, pour vaincre les réticences.
GUILLEMET Fabrice dit :
25th mai, 2009 à 12:32
Mon cher Fabien,
C’est avec un grand intérêt que j’ai pris connaissance du projet de centre
d’hébergement pour jeunes SDF, que tu défends à Bordeaux, en ta qualité
d’adjoint au Maire pour les quartiers de Bordeaux-centre.
Je partage l’ensemble de tes arguments face aux vieux réflexes de rejet
systématique des personnes en déshérance sociale par les plus nantis. Ton
argumentaire honore le Mouvement Démocrate et son projet Humaniste.
J’ai fait mienne cette citation littéraire depuis bien longtemps : ” si tu
diffères de moi, loin de me léser tu m’enrichis”.
Je ne peux donc que t’encourager à défendre ce projet social et de solidarité
sans relâche. Que cette expérience devienne même un modèle d’intégration pour de
nombreuses villes moyennes en France, confrontées au même problème.
J’espère que les adhérents du MODEM de Bordeaux se joindront en masse derrière
toi pour te soutenir dans cette démarche généreuse et constructive.
Avec toute mon amitié.
N’hésite pas à reproduire mon message sur ton blog politique.
Fabrice GUILLEMET
Conseiller Municipal Modem à Saint Jean d’Illac
Thérèse dit :
25th mai, 2009 à 19:22
Bien que n’étant pas du tout de votre bord politique, je vous soutiens entièrement, totalement, sur ce projet.
Je suis contente de voir qu’enfin un élu comprend les vrais problèmes, et leur trouve une vraie solution. En effet, comment trouver du travail, si on n’a pas la moindre adresse ? si on ne peut pas, le soir, en rentrant du travail, se reposer, se changer, prendre un bain, etc ? Des SDF, j’en connait des masses : hé bien, la plupart sont très sympas, même si ça ne se voit pas au premier abord, et la plupart ont un métier, généralement manuel, dans les mains.
Presque tous ne demandent que ça : travailler, avoir un toît. Mais maintenant, même un travailleur “normal”, c’est-à-dire en CDI 35 h, a du mal à trouver à se loger, alors, si on n’a pas cela,…
Comment peut-on ne pas se mettre à leur place ? comment, notamment, les commerçants mentionnés dans ce blog et dans les articles ne comprennent-ils pas cela ?
Je suis donc ravie qu’enfin, il y ait une personne, Fabien ROBERT, qui prenne la bonne initiative, à savoir procurer des logements à ceux qui n’en ont pas ! Non, je ne fais là ni démagogie ni flatterie. Fabien, nous nous sommes rencontrés récemment à une réunion avec JLD dans un restaurant du cours Victor Hugo, donc, vous savez ce que je pense : Il ne devrait pas, il ne devrait plus, y avoir des SDF, quel que soit leur âge, à Bordeaux (ni ailleurs …) : Bordeaux a tellement d’immeubles vides, d’apartements vides, depuis des années ..et c’est tout à votre honneur de chercher à résoudre ce problème, de faire enfin réouvrir un de ces immeubles vides qui ne demande pas mieux que de servir enfin à sa vraie vocation : loger des gens !
Bien sur, les riverains, les commerçants, ne seront pas d’accord, mais, hélas, dans ce genre de projets, les gens ne sont JAMAIS d’accord, avec ou sans concertation, donc …
Qu’ils se disent que ça pourrait leur arriver, d’être SDF ! (car ça n’arrive pas qu’aux jeunes, drogués ou non). Ou à leurs enfants ! (et qu’on ne dise pas : “pas de ça chez nous : nous savons éduquer nos enfants, nous les aimons, etc” : la plupart des SDF que je connais viennent de bonnes familles)
Fabien, vous rencontrerez bien des oppositions, même dans votre majorité, mais nosu serons avec vous pour ce projet, quel que soit notre bord à nous.
Pour ma part, n’hésitez pas à me contacter si je puis vous être utile dans ce projet.
Fabien Robert dit :
25th mai, 2009 à 19:54
Bonjour Thérèse,
Merci de votre soutien et de savoir dépasser les clivages politiques.
Je ne manquerai pas de vous contacter pour nous aider à faire accepter ce projet.
Bien à vous,
Fabien
gaudicheau dit :
26th mai, 2009 à 9:51
J’espère du fond du cœur que ces mêmes opposants n’auront pas un jour un de leur gosse en galère et qu’il ne pourront rien y faire , sinon espérer qu’un lieu d’accueil comme celui ci existe a l’endroit ou ils seront .
la vie n’est facile pour personne , cela n’empêche pas la compassion et d’ agir pour le bien et l’intérêt de la communauté.CONTINUER ,AGISSEZ; vous faites votre travail d’élu et merci
Aider les jeunes en errance (3) - La Maison PRODOMO dans le détail
Le 20 mai 2009 – 8:42 -
- Quel est le diagnostic ?
Le constat de départ est le suivant : les jeunes (25/35 ans), souvent accompagnés d’un chien, qui vivent dans la rue sont nombreux dans le secteur Sainte-Catherine / Victor Hugo. Cette présence s’explique essentiellement par l’opportunité de pouvoir y récolter quelques pièces en faisant la manche.
Les nuisances occasionnées sont multiples et pénalisantes pour le cadre de vie et l’activité commerçante.
Dès 2005, un travail partenarial (Etat - ville de Bordeaux - Conseil Général) permet la mise en place d’une première réponse. Le CEID (Centre d’Etude et d’Information sur les Drogues) se voit alors confier une mission « Jeunes en errance » afin d’apporter à ces jeunes des solutions de resocialisation durables et de réduire les nuisances occasionnées pour les riverains et commerçants avoisinants.
- Qu’est ce que cette Maison ?
La Maison PRODOMO est un projet de résidence de 25 logements pour des jeunes en errance porté par le Centre d’Etude et d’Information sur les Drogues (CEID).
- Pourquoi cette Maison ?
Le travail mené par le CEID est un parcours en 3 étapes :
- Le travail de rue :
Le CEID suit les déplacements de cette population. Ce travail permet d’identifier tout nouvel arrivant, de pouvoir poser un premier diagnostic et de proposer un référentiel d’adresses utiles (soins, hébergement, hygiène,…). 344 jeunes en errance ont été rencontrés par les éducateurs de rue en 2008.
- Les ateliers « arts de la rue » :
Les arts de la rue (cirque, musique, théâtre) ne sont ici qu’un moyen d’amorcer un déplacement (les ateliers ont lieu dans le quartier Saint-Genès où il est important de noter que la cohabitation avec le voisinage se passe bien) et la construction d’un travail commun.
L’animation est assurée par 6 professionnels et 1 éducateur qui encadrent les ateliers et favorisent pour chaque jeune un projet personnalisé.
En 2008, 67 jeunes ont fait la démarche d’aller vers ces ateliers.
- La maison PRODOMO :
Enfin, en prolongement des actions menées, le projet global PRODOMO vise à ouvrir 25 places d’hébergement adaptées à cette population.
Il s’agit d’un complément indispensable aux deux premières étapes. En effet, lorsqu’un jeune manifeste l’envie de s’en sortir, au « bout du bout », sans cette résidence, aucune solution durable n’est proposée. La rechute est alors probable.
Le dispositif s’appuie sur une démarche graduée en fonction de l’avancée des sujets dans leurs parcours d’autonomisation et de l’acquisition des capacités minimales nécessaires à l’inscription dans un logement durable.
Le bailleur social In’cité a fait l’acquisition pour ce projet d’un immeuble situé 35 rue des Augustins avec deux cours intérieures pour l’accueil des chiens.
- La question de l’accueil des chiens :
La question des chiens est importante. Il ne s’agit pas de réaliser un chenil mais de prendre en compte une réalité. Il y a encore 2 ans, lorsque j’ai commencé à me pencher sur cette question, je ne croyais pas moi-même à l’intégration des chiens dans les lieux de résidence. Pourtant, lors de la campagne municipale de 2008, j’ai été frappé par l’importance de ce détail. Ils ne s’en sépareront jamais et préféreront rester dans la rue car il s’agit souvent de leur seule présence quotidienne. Je ne suis pas dupe et je sais que certains maltraitent leurs chiens. La Maison PRODOMO devra justement permettre un suivi régulier de ces animaux.
- Combien ça coûte ?
Le budget prévisionnel de l’investissement est de 2 074 793 €. Le CEID participerait aussi à la réhabilitation du fait de son agrément pour encadrer des chantiers d’insertion. Il sera envisagé bien entendu d’y intégrer de futurs bénéficiaires de l’hébergement.
- Quand ?
L’ouverture de cette structure serait possible fin 2011 si des crédits nécessaires étaient affectés. Avec le fort soutien du maire de Bordeaux, du Président du Conseil Général et du Président de la CUB au titre de la surcharge foncière, de l’aide de l’Etat sur cette même surcharge foncière et par une subvention PLAI, l’investissement pourrait trouver son équilibre.
Thérèse dit :
26th mai, 2009 à 19:06
même si ce n’est pas bénéficiaire, en tout cas, ce sera bénéfique !
Le budget … de 2 074 793 €. me semble très raisonnable, d’ailleurs, quand on voit le prix ordinaire des maisons, et quand on sait qu’il faut inclure les remises en état, les charges, les salaire du personnel, etc. j’espère que cela sera voté !
Tous mes encouragements !